10 Quand on ne sait pas où l'on va, il faut y aller... Et le plus vite possible. Jacques Rouxel

10 Quand on ne sait pas où l'on va, il faut y aller... Et le plus vite possible. Jacques Rouxel
Il lui suffisait, et timidement il le fit;lentement mais sûrement. Le clapotis des gouttes sur les premières phalanges qui peu à peu s'avançait jusqu'à la paume,puis le coude, l'épaule et finalement la tête entière.Il pleuvait sur lui mais il s'en moquait parce qu'il avait un but.Il savait ce qui l'attendait et c'était ça qui lui donnait cette envie. Un instant lui avait suffit pour tout savoir ,comme quand on tombe amoureux. On tombe sans vraiment savoir où est le fond , on ne sait pas quand est-ce que ça va s'arrêter ,si la chute sera brutale, si les hématomes disparaîtront ;on n'y pense même pas , on est juste amoureux.Pour la première fois depuis Elle il était tombé.Même s'il ne connaissait pas les limites de ce monde il avait ressenti un besoin de s'y rendre.Quand on ne sait pas où l'on va, il faut y aller... Et le plus vite possible.
# Posté le jeudi 22 mai 2008 10:25
Modifié le samedi 24 mai 2008 11:16

9

Face à lui le mur ; un mur immaculé ,comme s'il
venait d'être posé; un mur de briques
saupoudré de béton.C'est un mur inoffensif,
silencieux mais si provocateur. De temps en temps
on voit des traces de pas ,comme si d'autres
avaient cherché à l'escalader,mais à chaque
fois ils s'arrêtent avant:ce sont les curieux,
ceux qui préfèrent rester ici mais qui souhaitent
savoir ce qui se passe là-bas,qui créent la
légende , le mythe qui n'en est plus un puisqu'il est
réel. C'est un mur plutôt haut mais
grimpable.La route serait moins longue
s'il passait par là ,ça lui éviterait d'aller
au bout du monde.Il ne ferait pas parti des
curieux puisqu'il souhait y rester.En moins
de cinq minutes il se retrouve hissé en haut ,
à contempler ce qui l'attend.C'est phénoménal,
inimaginable,grandiose ,spectaculaire et décevant
à la fois mais c'est surtout indescriptible.
Tout semble possible là-bas, comme si ce monde lui
était prédestiné mais il y manque quelque chose, je ne
sais pas quoi mais quelque chose.
D'un coup Elle lui revient en mémoire.Non il
ne peut pas tricher,tout ça n'aurait plus de
sens.Non il ne peut pas ,il lui faut aller au
bout du monde,pour tout savoir. En plus le piano
qui le suit est resté en bas,comme ce n'était
pas le bon moment pour monter ou peut-être
parce que les pianos ne savent pas escalader
les murs. Là-haut tout semble si vrai
mais il lui faut redescendre pour
pouvoir apprécier ce monde nouveau.
Hop, retour à la case départ,au
pied du mur.
Il nous faut toujours aller de l'avant ,ne pas rester
une éternité au même endroit à se rappeler
ce que nous n'avons pas fait et à s'imaginer
ce que nous ne ferons pas. Ainsi le soleil
réapparût et les nuages s'écartèrent faisant
place à un faisceau de lumière provenant
directement de ce trou dans le ciel et
cette lumière jeunesque vint se poser
délicatement sur l'épiderme de ce jeune
corps,le brûler peu à peu jusqu'à qu'il
soit réchauffé .Chaque photon traversa sa peau,
il lui suffisait de tendre le bras dans n'importe
quelle direction pour atteindre les gouttes....


Les Curieux de Juliette à Jak
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# Posté le jeudi 08 mai 2008 12:53
Modifié le jeudi 08 mai 2008 14:03

8

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Il se réveille et puis se lève,tombe et se relève.
Ce sont les effets secondaires de son ivresse,de
son abus de mélodie.Il ne cherche pas à se faire pardonner
de s'être enivré;ça lui a plus et de toute façon il était seul.
En tête à tête avec sa tête,avec le monde défilant devant
lui.La scène repasse en boucle dans son cerveau,en accéléré ,en
arrière, au ralenti.Pause.Là c'est le moment
où le joueur de pipeau la lui enlève.Si tout était si
simple revenir en arrière,arrêter d'être figé là,déplacer les
personnages;oui la fanfare ils ne la verraient pas,du moins ils
la verraient au loin mais la musique ne lui ferait pas cet effet là.
Malheureusement il ne sait pas pas faire ça.Il ne fait
que voir cette fourmilière de musiciens se mouvoir devant lui, le
narguer tout en lui faisant plaisir.Il rechute et
se rendort.
Il se réveille et puis se lève mais cette fois ci il est déterminé.
Déterminé à affronter ce monde.Non pas celui qu'il a vécu
mais celui qu'elle voulait vivre. Il l'aime toujours mais
ce monde l'attend.Et elle,elle ne l'aime pas puisqu'elle
préfère les joueurs de pipeau (les aime-t-elle vraiment? ou
est-ce lui qui l'a dérobée?Ces questions là il ne se les
est pas posées ,il ignore même leur existence).
Face à lui le mur.
# Posté le dimanche 20 avril 2008 09:51
Modifié le dimanche 20 avril 2008 12:15

7.0

7.0
xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxC'est bon ,elle est prête du moins elle le croit.
xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxLui n'a pas de valise.Sa valise c'est elle.Il ne se plaint pas.
xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxIl pourrait la porter toute la journée et même la nuit s'il le faut.
xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxElle n'est ni trop lourde ,ni trop pleine.Légère,l'essentiel y est ,
xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxl'essentiel plus ce je-ne-sais quoi.Ce je-ne-sais-quoi qui fait
xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxque cette valise est belle.
xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxDans a valise matérielle il n'a que quelques choses:un carnet,
xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxà peine entamé,quelques crayons.Non reprenons tout.Beaucoup
xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxde carnets ,beau de crayons et puis un instrument,un baladeur
xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxmp3 et un album photo:plein bien-sûr.Parce que lorsqu'il
xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxaura atteint le bout du mur il faudra hésiter.
xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxIci ou là-bas?Qu'en retiendra-t-il?Père,mère,amis?ou
xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxelle?
xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxEt soudain l'inimaginable se produit.
xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxQui l'eut cru ?
xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxSans aucune raison une fanfare traverse
xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxla scène.Ils ont de magnifiques vêtements.
xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxRien d'extravagant.Que du noir et du blanc,comme
xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxdes souvenirs.Ils sont tout de noir,seuls les boutons
xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxet les broderies sont éclatantes.Tous les instruments
xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxsont là,le tuba,un pipeau ,un tambour ,il y a
xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxmême un piano.Mais pas de pianiste.Pourtant
xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxil l'entend.C'est bizarre car tous les
xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxmusiciens portent des masques;impersonnels.
xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxD'ailleurs ,ils ne parlent pas,ils ne jouent
xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxpas.Les seules choses qu'on entend
xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxce sont les bruits des vêtements qui se plient
xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxainsi que la cadence de leurs pieds sur le
xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxsol.Ils sont aphones et pourtant si majestueux,
xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxsi expressifs.Il y a même un dalmatien.Ici tout est
xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxbicolore.La mélodie dans sa tête ,là c'est le
xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxcrescendo,il l'entend venir à lui,s'élever dans
xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxles airs,triomphant.Mais la fanfare continue
xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxde s'éloigner.Déjà il ne peut plus la voir.
xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxSa mélodie est trop loin.Il lève la tête:il pleut.
xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxHeureusement ,elle a son parapluie!Le parapluie le
xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxcouvre mais elle n'est plus là,comme un souvenir.
xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxLa parade l'a sûrement amenée ailleurs.
xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxIl est seul,seul avec la pluie qui s'effondre sur
xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxlui.Ce qui reste d'elle:un parapluie.Un beau parapluie,
xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxnoir et immense, avec la canne qui se recourbe au bout:
xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxcomme un J.Il est seul face au mur et la fanfare
xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxa disparu;malgré tout le piano est resté là.Il connaît
xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxles notes,les rythmes et même ce que joue chaque main.Il
xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxn'a plus qu'à jouer.Les touches apparaissent et ,
xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxà l'image de la parade elles sont majoritairement noires et seuls
xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxles dièses et les bémols sont blancs.La main gauche
xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxcommence;un rythme à trois temps,comme une valse.
xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxLa main droite s'apprête à partir,incertaine sans
xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxsavoir où elle va vraiment ,comme lui et ce mur.
xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxLa pluie n'a pas changé;régulière elle le mouille sans
xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxvraiment le mouiller.Il ne sait même plus ce que
xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxc'est que la pluie:il est en train d'oublier et le
xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxpire c'est qu'il s'en rend compte.Merde,putain,fait chier;
xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxtous ces mots qu'il souhait prononcer disparaissent,seules
xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxses mains savent quelque chose désormais.La pluie
xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxs'amplifie en même temps que la mélodie,comme
xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxsi tous les cumulonimbus du monde s'étaient donnés
xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxrendez-vous pour l'écouter.Il joue de plus en
xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxplus fort,les touches lui font mal aux doigts,
xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxtellement mal que cela en devient jouissif.C'est
xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxau tour du tonnerre de venir,grondant , grave
xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxcomme sa main gauche et les arpèges qu'elle projette.
xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxEt ces éclairs qui surgissent de l'autre main.Soudain
xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxl'un d'entre eux le touche et il s'effondre,là,par terre,
xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxdans la boue ,mais ne semble pas préoccupé .
xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxIl ne bouge même plus;il est ivre mort.
# Posté le mardi 11 mars 2008 15:04
Modifié le mardi 22 avril 2008 09:15

(6)

(6)
Entre.
Oui,nous sommes toujours entre.A cet instant précis,
il est entre un tas de carton et elle.Il ne sait pas quoi dire,
c'est dommage, mais pourtant ,ça ne le gêne pas
tant que ça; il a peur de la déranger.Ce
serait bête.C'est pas comme s'il sautait du haut
d'un building pour atterrir sur ses pattes.Ça il ne le regretterait pas.
Non c'est idiot,déjà cette posture.Assis,recroquevillé,
comme s'il était coincé.Pourtant il l'est.
Il est coincé dans son langage, comme s'il manquait des mots.
Pourvu que le chat revienne,il échangera autre chose mais qu'il
lui rende sa langue.Il en a besoin.Il a besoin
d'elle pour tant de choses.C'est si stupide d'être muet quand on
ne sait ni lire sur les lèvres ni parler avec
ses mains.On voudrait même pas de lui pour
doubler Bernardo.
C'est quoi cette barrière?Là elle part et il la laisse
partir.Quel con.Cours rattrape la et dis lui
tout.Imbécile.Non pas "tout".Dis-lui ce que
c'est que tout.Elle.Toi(et elle?)Non ne dis
pas nous elle te croirait trop sûr de toi alors que c'est
pas vraiment le cas cette fois là.
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# Posté le lundi 10 mars 2008 16:28
Modifié le mardi 22 avril 2008 09:16